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Ventouses ou les dangers des auto-traitements

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L'utilisation des ventouses n'est pas sans risque pour l'équilibre structurel de la peau. Cette technique devrait être réservée aux professionnel(le)s et ne pas être laissée dans des mains inexpérimentées.

Traditionnellement liées à la Médecine Chinoise, les ventouses ont également été utilisées, de tous les temps, par les Egyptiens, les Grecs et dans le monde Arabe. On en retrouve trace dans un ouvrage d’Hippocrate intitulé « l’Art de Guérir ».

Les ventouses thérapeutiques sont le plus souvent en verre, mais elles existent aussi dans différents matériaux comme le plastique, le silicone et même le bambou.

Les ventouses posées sur la peau créent un effet de succion provoquant une traction de la peau, une ouverture des pores et une dilatation des capillaires sanguins. Quand les ventouses sont utilisées à des fins médicales elles sont laissées en place. Au cours de la séance. le/la patient(e) ne ressent pas de réelle douleur, mais parfois un simple inconfort et une chaleur locale. Après le traitement, il restera sur la peau une trace rouge à violacée et limitée à la surface de la ventouse utilisée. Cette trace disparaît généralement en quelques jours.

L’effet d’aspiration et de succion est obtenu en faisant un « vide » à l’intérieur de la ventouse. Ce vide relatif est créé en raréfiant l’air dans la ventouse soit en brûlant l’oxygène par l’introduction d’une flamme (ventouse chaude) soit par une aspiration mécanique. On parle alors de ventouse froide (poire d’aspiration ou pompe à air).

Médicalement, cette technique peut associer la scarification de la peau. On parle alors de ventouses « humides » par opposition aux ventouses « sèches » sans scarification utilisées en esthétique.

Utilisée régulièrement jusqu’au milieu du 20ème siècle les ventouses étaient considérées comme un remède de grand-mère. Il n’était pas rare d’en trouver chez les particuliers ou elles étaient utilisées pour traiter les affections respiratoires ou les douleurs articulaires. Elles avaient plus ou moins été abandonnées mais reviennent ces derniers temps sous le nom anglo-saxon de « Cupping therapy ». Un peu d’anglais cela fait chic et permet de mieux vendre semble-t-il.

Un effet certain sur l’état de la peau et des tissus sous-jacents

On constate en face des zones traitées par ventouse, une amélioration de la souplesse des tissus, une diminution des contractures musculaires, une chaleur relative en rapport avec l’augmentation locale de sang capillaire. Dans le cadre d’une utilisation pour des problèmes rhumatismaux ou inflammatoires, on constate une amélioration généralement temporaire de la mobilité locale et une diminution de la douleur.

Des ventouses pour lutter contre la cellulite. 

Le monde de l’esthétique c’est emparé de ce principe de vacuum (utilisation du vide) depuis bien longtemps avec des machines plus ou moins complexes. Et avec des résultats parfois contestés sur le long terme. 

Le principe est assez séduisant sur le papier. Une traction de la peau permettrait de libérer les cloisons (septum) qui enferment les amas graisseux l’hypoderme et sont responsable de l’aspect « peau d’orange ». 

Une technique qui n’est pas sans risque

Technique qui peut effectivement être séduisante, elle qui n’est pas sans risque pour la peau traitée. Et les dégâts qui sont parfois constatés peuvent être lourds de conséquences et parfois définitives : lésions vasculaires sous-cutanées, effet de « tôle ondulée », relâchement et affaissement de la peau pour ne citer que les principaux. Des risques qui devraient être sérieusement pris en compte par les professionnel(le)s qui pratiquent ces techniques.

Une information indispensable

Face à ces problèmes parfaitement réels, les professionnel(le)s doivent faire preuve de pédagogie à l’égard de leur clientèle et prendre le temps d’expliquer les choses. Les « marchands » se sont emparés de ce secteur et proposent des ventouses en libre accès. Les femmes mal informées risquent donc de se faire des « auto-traitements » aux conséquences désastreuses avec une aggravation de l’état de la peau.

Le problème du dosage

La technique des ventouses que l’on déplacent sur la peau est le plus souvent douloureuse car cela se fait sur des zones déjà en tension et qui sont parfois sensibles même au simple contact. Les femmes qui utilisent ces ventouses toutes seules, ne savant doser l’intensité du traitement et pensent parfois que si cela fait « mal » c’est que cela fait du « bien »… Mais pas vraiment !

Mais il y a plus grave. La peau dans ces zones cellulitiques est le plus souvent très fragile et la micro-circulation capillaire de surface peut être durablement abîmer par l’aspiration et le déplacement des ventouses. L’utilisation en auto-traitement de ces ventouses risque de provoquer des lésions des capillaires qui peuvent être définitives. Cela se traduit le plus souvent par l’apparition sous la peau d’un réseau rouge-violacé comme un tatouage indélébile.

Ce qui devait être un traitement esthétique peut devenir un cauchemar pour l’esthétique de la cliente. 

Le conseil professionnel est essentiel

Seuls des professionnel(le)s averti(e)s sont en mesure d’évaluer la qualité de la peau, les zones à traiter, la durée, la répétition des manœuvres et l’intensité à appliquer pour un résultat optimum.

Ces professionnel(le)s n’utilisent qu’une seule ventouses à la fois afin de garder une main libre qui accompagne le traitement par un massage léger qui à la fois aide le système lymphatique local et d’un autre côté surveille l’évolution de la peau.

Une vigilance de tous les instants

Quoiqu’il en soit, il n’est pas garanti que l’étirement des septums permettent une diminution significative de la cellulite locale dans la durée. Au pire on vient de le voir, au lieu d’avoir éliminé la cellulite, ces ventouses avaient ajouté des vergetures. 

Pas cool !

Si vous souhaitez utiliser ces outils, je vous conseille la plus grande vigilance et une parfaite concentration lors des soins.