Back 1844843 1920

Les clefs du massage des épaules

Dossier

Le massage des épaules est un enjeu majeur des massages de Bien-être tant les tensions s'y accumulent dans la vie de tous les jours. Voici des clefs pour bien masser les épaules. Rappels théoriques et techniques. 

 

Il suffit de regarder et de percevoir la respiration d'un(e) client(e) avant, pendant et après le massage des épaules pour se rendre compte combien cette zone de notre corps aspire à plus de détente et de relaxation. Au carrefour entre la nuque et les muscles du cou, le bras et le tronc, l'épaule est aussi le siège de tensions provenant du mouvement des côtes et même des viscères.

5 zones-clefs

Pour apporter un maximum de soulagement, il y a des clefs à savoir utiliser et en particulier 5 muscles-clés essentiels à travailler pour obtenir une réelle et profonde relaxation des épaules et donc en partie de la nuque. 5 muscles qui verrouillent la mécanique des épaules. 5 zones qui, si elles ne sont pas travailler de façon spécifique, laisseront assez de tensions pour que l’effet de votre massage ne soit pas assez durable pour être réellement apprécié à sa juste valeur.

Chaque personne accumule les tensions au niveau de ses épaules de façon différente en fonction de sa morphologie et de ses habitudes de position au quotidien. La répartition des tensions sera donc particulière pour chaque personne et le massage devra s’y adapter et être totalement personnalisé. L’ordre de présentation de ces 5 clés n’est donc que théorique et ne représente pas un protocole de massage à suivre à la lettre.

Le grand dorsal.

Ce muscle est un des plus long muscle squelettique du corps humain. Il s’attache schématiquement sur la colonne vertébrale et du sacrum aux dernières vertèbres thoraciques et va former un long et puissant ruban qui va se terminer sur l’humérus.

Ce muscle se contracte dans un très grand nombre de mouvements que nous faisons chaque jour. Les vôtres sont très sollicités dans les manœuvres de massage que vous faites tous les jours. Le grand dorsal stabilise aussi l’épaule ce qui explique qu’il soit en contraction presque permanente et donc accumule tensions et toxines. Les tensions qui s’y accumulent doivent le plus souvent être abordées avec un rythme lent et profond, dans le sens des fibres dans un premier temps puis un travail en « décordage » peut être particulièrement efficace.

Son anatomie et la direction de ses fibres musculaires expliquent la nécessité d’avoir des mouvements amples qui descendent jusqu’au sacrum même quand on masse les épaules. Il sera nécessaire d’utiliser une alternance de techniques de pressions glissées superficielles et profondes depuis le sacrum, les lombaires, la partie inférieure de la zone thoracique remontant vers l’humérus. Sa partie la plus charnue et la plus facile à saisir dans nos mains se situe sur la partie inférieure et latérale de l’omoplate. A la jonction avec le bras. Un travail de pétrissage locale et alternance avec les pressions glissées plus amples permettra de relâcher les tensions. Vos techniques peuvent être sur un côté ou sur les deux simultanément.

Comme toujours je vous conseille d’alterner les zones massées, les techniques, l’intensité et le rythme utilisés.

Les muscles ronds (teres major et minor)

Ces muscles sont une vraie mine à tensions douloureuses ! Ils sont sensibles, voire douloureux au toucher chez tout le monde et presque en permanence. Et leur détente, au moins partielle, permet un vrai relâchement de l’épaule. 

Anatomiquement les muscles ronds s’attachent du bord latéral de l’omoplate et remonte vers la partie supérieure de l’humérus. Compte tenu de la position habituelle des épaules chez la plupart des humains, à savoir les épaules enroulées vers l’avant, les muscles ronds sont en permanence un peu étirés et ils réagissent par une contraction quasi-permanente.

Le massage de ces muscles doit être fait avec beaucoup de douceur. Inutile de dire que l’on ne va ici utiliser le coude pour entrer en contact au risque de voir le client réagir vivement !

Des techniques de pressions glissées douces pouvant devenir plus profondes après quelques minutes, des techniques de pompage doux des insertions et surtout des techniques associant pressions glissées et étirement sont les plus adaptées pour permettre la sédation de tensions.

Astuce

Quand le client en allongé sur le ventre (position de décubitus ventral), vous pouvez passer une main sous l’épaule (face antérieure) pour la soulever doucement. Cette position et ce mouvement diminuent l’étirement des muscles ronds en rapprochant leurs insertions. Grâce à cela votre autre main peut avoir un abord plus profond des corps charnus de deux muscles ronds et obtenir ainsi un meilleur relâchement. 

Le petit pectoral (pectoralis minor)

Ce muscle est une vraie clé de la détente de l’épaule. On pourrait dire que c’est LA clé. On voyait précédemment que les positions habituelles de travail et de vie quotidienne ont tendance à maintenir nos épaules enroulées et projetées en avant. Le petit pectoral adore cette position. Elle raccourcie ses fibres et favorise son action.

En effet le petit pectoral est un muscle qui s’attache en avant de l’épaule. Il est tenu entre les côtes et le processus coracoïde de l’omoplate. Sa contraction attire et fixe donc essentiellement l’omoplate vers l’avant et favorise l’enroulement de l’épaule.

Son action vient donc tirer sur les muscles ronds mais aussi sur les muscles rhomboïdes qui eux retiennent l’omoplate en arrière.

On le voit la détente des épaules ne peut être complète sans un travail précis sur les petits pectoraux. Leur massage va se faire surtout quand le client sera allongé sur le dos (décubitus dorsal). Vos mains vont passer doucement à travers les muscles grands pectoral à la partie antérieure et latérale de l’épaule. Juste sous la partie externe (latérale) de la clavicule. Un travail doux et précis le plus souvent avec la pulpe de vos doigts en pressions glissées lentes et progressivement profondes dans le sens des fibres va permettre de le faire relâcher. 

Astuce

Dans cette position il est facile de soulever le bras en même temps que vous massez l’épaule. Cela permet de faire varier la position de l’épaule et donc de faciliter l’abord du petit pectoral. Vous pouvez aussi masser les deux muscles, droit et gauche, en vous asseyant à la tête de votre client et en massant les deux côtés de façon simultané.

Le muscle élévateur de l’omoplate

Il est un peu perdu sous le trapezius ce muscle élévateur de l’omoplate ce qui fait qu’il est souvent oublié dans un massage un peu trop global. Pourtant il est essentiel de lui porter une attention toute particulière si on veut que la détente de l’épaule soit efficace.

Il s’attache au coin supérieur et interne (médial) de l’omoplate et ses fibres se dirigent vers le haut en s’enroulant un peu comme un ruban autour de la colonne cervicale. Il va d’ailleurs se terminer sur les 4 premières cervicales.

S’il est impliqué dans les mouvements de la tête, il l’est aussi dans l’élévation de l’épaule. Et on sait que nous avons tous les épaules trop « hautes »… L’abaissement de nos épaules et leur relâchement font partie de tous les exercices de relaxation ou de Yoga.

Le massage de ce muscle clé va se faire au travers du muscle trapézius. Mais vos doigts riront chercher un peu plus en profondeur une sorte de « corde » partant de l’omoplate et remontant dans la nuque. Les techniques seront ici forcément lentes pour ne pas stresser les tissus par des manœuvres trop intenses et « agressives ». 

On peut travailler ce muscle dans les trois positions habituelles de massage : Le client sur le ventre, sur le dos ou sur le côté. Mais pour ceux qui le souhaite ce muscle élévateur de l’épaule peut aussi être massé avec un client en position assise. On peut même mettre une main sur le muscle pour le masser et une autre sur le sommet de la tête du client et lui demander un auto-grandissement. Cette manœuvre souvent réservée à des professionnel(le)s de santé est à la portée de bon nombre de professionnels du Bien-être. Et elle est très efficace !

Les Rhomboïdes

Dernière clé pour rendre votre massage de l’épaule inoubliable, les Rhomboïdes. Je précise ici "les" car bien entendu il y a des muscles à droite et d’autres à gauche mais surtout Il y a les rhomboïdes major et les Rhomboïde minor. Leur insertions ne sont pas tout à fait les mêmes mais ils ont tous pour action d’attirer l’omoplate vers la colonne vertébrale. Pour faire court ils sont tendus presque à l’horizontal entre le bord médial de l’omoplate et les vertesres thoraciques.

On a vu que la tendance naturelle des épaules est de partir en enroulement vers l’avant. Le rôle des rhomboïdes est donc de ramener l’épaule vers l’arrière. Et ils sont un peu seuls dans ce rôle… Ce qui fait qu’ils sont souvent, très, très, très tendus et contracturés.

Le massage des rhomboïdes sera donc un des temps fort de votre massage de l’épaule. En associant un travail qui va englober l’ensemble de l’épaule et des manœuvres spécifiques et locales, vous allez faire « respirer » ces muscles et libérer les toxines qui s’y accumulent. Là encore le travail pourra se faire dans le sens des fibres et dans le sens opposé aux fibres pour tour à tour créer un phénomène d’étirement puis de « décordage ».

Un temps de massage essentiel

On le voit le massage et la détente des épaules doit déborder le cadre strict de ce que l’on appelle « l’épaule ». Les mains doivent aller jusqu’au sacrum vers le bas, vers la base du crâne vers le haut et vers les côtes en avant. Ce travail peut et même doit se faire dans toutes les positions dans lesquelles sera votre client. 

Chacune des clés devront être actionnées de façon précise pour ne rien oublier et libérer l’ensemble des épaules. Les manœuvres pourront être isolées sur une clé en particulier ou associer un travail sur deux clé simultanément comme par exemple en faisant glisser une de vos mains le long de l’élévateur de l’omoplate alors que l’autre masse les rhomboïdes. 

Pour terminer rappelez-vous que l’on ne masse jamais « une » épaule mais « les » épaules. Une détente efficace et durable ne peut être obtenue qu’en unifiant les côtés droit et gauche de votre client. 

En effet tous les structures osseuses, musculaires et ligamentaires au niveau des épaules sont tellement en étroite relation et interaction que l’on parle de ceinture scapulaire. Une ceinture qui fait le tour de la partie supérieure du tronc attachant et reliant les deux bras l’un à l’autre, reposant sur les côtes et supportant d’une certaine façon le cou et la tête.