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Comprendre les soins « anti-âge » - Episode 1

Je commence ici une série d’articles pour vous parler des soins anti-âge. Vaste sujet qui est rebattu dans tous les journaux féminins et inépuisable source de publicités en tout genre. Mais ici, pas de recette miracle en 10 leçons...

On va plutôt s’intéresser au fond avec une réflexion sur les raisons qui nous poussent, à moins que nous y soyons poussés … à envisager l’âge et les signes de l’âge comme un problème. 

Nous allons revoir les causes anatomiques, physiologiques, environnementales et j’en passe…  du vieillissement de la peau. Nous irons aussi plus loin pour comprendre ce qui se passe « sous » la peau, c’est-à-dire sous la partie visible de l’iceberg. Nous nous interrogerons aussi sur ce matraquage marketing et publicitaire qui fait d’une peau qui vieillit un objet presque inacceptable socialement parlant.

On y va ?

Vous le savez, avec entre 1,5 et 2 mètres carrés, la peau est l’organe le plus étendu et aussi le plus lourd (environ 4 kilogrammes) du corps humain. La peau nous met en relation avec le monde extérieur et nous en protège tout à la fois. Son origine embryologique est commune avec des tissus aussi différents que ceux du tube digestif ou de l’appareil respiratoire, par exemple. Cette origine commune fait que la peau est donc en interaction pleine, entière et permanente avec notre « monde intérieur ». Et cette interaction marche dans les deux sens. C’est ce qui fait que, quand vous massez la peau cela a aussi des effets profonds sur nos fonctions digestives ou respiratoires, pour ne parler que d’elles. Autre exemple, la réflexologie. Je touche la peau (et le tissu sous-cutané) et cela a une action sur un organe. Dans l’autre sens, on vous vend des compléments alimentaires pour préparer votre peau au bronzage. 

Donc voilà le tableau. 

La peau est un véritable organe qui interagit avec l’ensemble du reste du corps. C’est de plus un organe à la structure complexe et sans doute n’avons-nous pas fini de découvrir tous les aspects de cette complexité. 

La peau est la limite extérieure visible du corps. Si on la délimite assez bien sur sa partie externe, à l’intérieur c’est une autre histoire. Si l’épiderme est bien limité entre sa couche cornée externe et la couche des cellules germinatives, en-dessous c’est un peu moins simple. Et cela commence par la lame basale qui sépare l’épiderme du derme. 

Notre voyage dans l’anti-âge va donc réellement commencer ici, juste sous les premières couches de cellules de l’épiderme avec un tissu essentiel de notre organisme : le système conjonctif et en particulier les fascias.

Vous connaissez le tissu conjonctif et les différentes formes qu’il prend dans notre corps. Une de ces formes va tout particulièrement nous intéresser ici : le Fascia. 

Les fascias

Les fascias sont constitués de fibres de formes et de tailles variables, mais qui sont toutes reliées entre elles pour former un incroyable réseau. A la fois sous notre peau (la lame basale en est un des éléments) mais également dans chaque recoin de notre corps. Sans exception.

Ainsi toutes les parties du corps sont reliées entre elles et totalement interdépendantes. Ces structures conjonctives ont des formes et des couleurs fascinantes. Elles semblent constituer un ensemble à l’organisation complètement chaotique. Pourtant ce n’est pas du tout le cas, bien au contraire. 

Elles bougent ensemble, s’entraînent l’une l’autre dans des mouvements complexes. Elles sont tellement interdépendantes et liées entre elles. Ainsi nous savons bien qu’une douleur qui s’exprime sous la plante d’un pied ne sera pas soulagée durablement si on traite uniquement cette zone douloureuse. C’est la fameuse histoire que se racontent les ostéopathes : « Marchez sur la queue d’un chat vous constaterez qu’à l’autre bout il miaule ». Pauvre chat ! Mais l’idée est bien là. Une douleur ne s’exprime pas forcément à l’endroit qui en est la cause.

Dans l’exemple que je viens de prendre de cette douleur sous le pied, il me faudra sans doute libérer des tensions situées bien plus haut dans le membre inférieur, le bassin, la colonne vertébrale jusqu’au sommet de la tête, au niveau viscéral et bien entendu en redescendant au membre inférieur opposé. Bref, c’est « au moins » tout le corps qui doit être pris en compte du fait de l’existence même des fascias et de leurs interactions.

Une étude récente allemande va plus loin que cette relation « mécanique » des fascias entre eux. La forme de ce tissu conjonctif permettrait la diffusion de « fluides » dans le corps. On pense bien entendu à la lymphe et aux médiateurs chimiques.

 

Quelle relation avec le vieillissement cutané et les soins anti-âge ?

On va voir cela dans le prochain article.