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Epigénétique. Une piste pour reprendre en partie le contrôle.

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Comment utiliser au mieux notre patrimoine génétique ? Notre patrimoine génétique nous fait ce que nous sommes. De la couleur de notre peau, de nos cheveux et de nos yeux mais pas uniquement.

De façon moins voyante, nos gènes façonnent le fonctionnement de notre métabolisme et de notre santé. Les forces, les faiblesses de notre corps, et de notre être dans son ensemble, sont inscrites dans notre patrimoine génétique et donc dans notre ADN. Nous l’héritons de nos parents qui le tenaient eux-mêmes de leurs parents, etc.

Des gènes tout-puissants ?

On a longtemps pensé que les gènes étaient tout-puissants. Qu’ils gouvernaient toute notre vie et définissaient l’heure de notre mort, sans que nous ayons notre mot à dire. Sans que nous puissions avoir la moindre influence sur leur fonctionnement. En fait, il semblerait bien que cela ne soit pas totalement le cas et que nous ayons aussi notre mot à dire. Voici sans doute une bonne nouvelle !

Si le code est fixe, son fonctionnement pourrait bien être influencé par notre mode de vie. Mais aussi par notre alimentation, l’air que nous respirons, et plus globalement le soin que nous apportons à notre existence. Notre génétique et la manière dont elle gère notre existence ne seraient donc pas une fatalité, mais seraient aussi dépendantes de la façon dont on s’en sert.

C’est un peu comme deux chefs en cuisine qui, avec strictement les mêmes ingrédients, feraient deux recettes sensiblement différentes. 

Si on voit notre corps comme un éco-système, on peut aussi faire le parallèle avec une même terre cultivée. Il y a ceux qui vont la labourer et lui enlever tout ce qu’ils considèrent comme des mauvaises herbes avec des produits chimiques. Ils vont la livrer ainsi au vent  qui assèche et aux rayons du soleil. Dès lors, ils devront l’enrichir d’engrais et l’arroser puisqu’ils l’auront appauvrie et auront tué tous les microorganismes qui la constituaient au départ, c’est-à-dire avec son patrimoine « génétique initial », riche, humide, vivante et fertile. 

Et puis, il y a ceux qui ne labourent pas la terre pour la cultiver, qui savent la laisser se reposer, influence les plantes présentes pour que sa surface ne soit jamais à nu et puisse s’auto-fertiliser, sans être obligés de lui apporter des tonnes d’engrais chimiques et d’eau.

Les légumes qui viendront de ces deux terres n’auront assurément pas les mêmes qualités gustatives et organoleptiques. 

Pour nous, c’est pareil. 

Imaginons deux vrais jumeaux avec des patrimoines génétiques identiques.

L’un fonctionne en mode fast-food, nourriture riche en sucres et graisses ajoutés et largement agro-industrialisée, alcool, tabac et vie sédentaire au soleil.

L’autre préfère une alimentation saine et variée en circuit-courts, avec moins de sucre et de graisse, une hydratation juste et suffisante, un sommeil réparateur, un usage raisonné du soleil, une vie intellectuelle active et une pratique sportive régulière.

Même avec les bases génétiques initiales, ils n’auront très probablement pas le même destin de vie.

Une écologie du corps.

A partir de notre patrimoine génétique, nous fabriquons les protéines et toute la chimie qui fait ce que nous sommes. On peut influencer le fonctionnement de notre ADN en lui offrant un meilleur cadre de travail et de meilleurs matériaux. 

Si nous acquérons cette prise de conscience, notre corps nous en sera reconnaissant et pourrait bien nous donner quelques années de plus pour en profiter. C’est peut-être un sujet d’éducation à mettre au programme des enfants. Sans doute une pratique dont il faudrait que les professionnels du Bien-être s’emparent pour encore mieux conseiller leurs clients.

On a appelle cela l’épigénétique.

A suivre et, en attendant, prenez bien soin de vous.