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Réactions en chaîne ou le risque de la double peine

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Le ralentissement de l'activité économique entraîne une diminution de la pollution. Mais attention aux retours de balancier comme en 2008. Comment les professionnel(le)s du Bien-être pourraient contribuer à limiter ce risque ?

Le coronavirus aura peut-être un autre effet néfaste. Après l’effet sanitaire sur la population, il pourrait bien y avoir une incidence négative pour le climat. En effet, plusieurs études récentes font référence à ce qui s’est passé juste après la crise financière de 2008. Dans les mois qui avaient suivi, on avait vu une hausse de la production de Co2 de plus de 4%.

Pour le moment la crise sanitaire impose un arrêt des activités industrielles comme en Chine et maintenant en Europe et aux USA. En Chine, la NASA rapporte une baisse impressionnante de l’ordre de 30% des émissions polluantes dans la région centrale du pays, siège initial de l’apparition du virus. Il semble que cette baisse de pollution soit également constatée en Italie et progressivement dans le reste du monde.

Mais attention à la reprise, car avec le redémarrage de l’économie, le climat pourrait bien en pâtir sérieusement si nous reprenons nos mêmes habitudes.

Disruptivité

Si nous ne tirons rien ou pas grand-chose de cette crise, le retour de balancier aura l’effet de la double peine : sanitaire puis climatique.

C’est pourquoi il serait sans doute intéressant de réfléchir dès maintenant à la façon dont nous consommons, que ce soit personnellement ou professionnellement. Il est important que nous nous posions de nouvelles questions avant d'acheter. Par exemple, quelle est la composition réelle des produits que mes fournisseurs habituels me proposent et où sont fabriqués tous ces produits ? Ou encore : est-ce que je cède à l'image de la marque ou aux réels bienfaits de ses produits et à sa non-toxicité pour ma santé ? 

Changer des habitudes n’est jamais chose facile. Mais là, il semble qu’il y ait urgence pour nous, notre économie et notre planète. L’avenir dira si nous aurons su profiter de l’occasion qui nous est donnée de changer, de réfléchir à un autre mode de consommation.

Regarder autour de nous

Adapter nos offres de soins en utilisant des produits plus locaux, plus naturels semble être une piste de réflexion intéressante.

Il y a, par exemple, des pays comme le Maroc ou la Tunisie qui produisent des huiles végétales cosmétiques de qualité et ses pays sont tout près de l'Europe. De plus, ils ont besoin de développer leur économie et nous pouvons les y aider. Ceci dit, attention. La proximité ne fait pas tout car là aussi vous trouverez des produits qui contiennent des parfums de synthèse, des ingrédients parfois toxiques et des additifs en tous genres. La lecture des étiquettes est toujours très importante !

En Europe aussi et en France tout particulièrement, on trouve, par exemple, des producteurs d’huiles essentielles naturelles absolument fabuleuses.

Tout cela est peut-être l'occasion de revenir aux fondamentaux du métier et de créer ses propres produits de base comme les huiles de massage avec des produits sains et locaux, ou presque. C'est aussi un magnifique argument commercial pour des client(e)s de plus en plus sensibilisé(e)s aux valeurs écologiques et naturelles.

Aller à l’essentiel

Parce qu'au fond, de quoi avez-vous besoin pour faire un soin de massage de qualité ? 

Le cocktail parfait est sans doute composé de beaucoup de technicité, avec des mains qui savent exactement ce qu’elles font et de quelques millilitres d’une huile 100% végétale additionnée, éventuellement, d’un peu d’huile essentielle bio. Un mélange savant et performant qui fait venir et revenir les client(e)s.

Le reste c’est, le plus souvent, du marketing et de la poudre aux yeux. 

Il faudra sans doute faire preuve de pédagogie auprès de vos client(e)s et même de certains professionnel(le)s. Revenir aux produits et aux senteurs naturelles est un effort pour nos cerveaux intoxiqués par les parfums de synthèse. L’effort est pourtant indispensable, me semble-t-il, pour être en cohérence entre la promesse de Bien-être et les actions mises en place.

Agir maintenant.

Pour la plupart d’entre eux, les ingrédients chimiques et les additifs que l’on retrouve dans les produits cosmétiques professionnels (ou non) ont parcouru des milliers de kilomètres avant de se retrouver dans les flacons que nous utilisons. 

Ne peut-on faire d’une pierre deux coups ? Utiliser des produits sains et moins polluer. 

A chacun de voir, mais je crois que le jeu en vaut la chandelle.